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Saccage d’un symbole !


Le 1er décembre 2018, des manifestants saccageaient l’Arc de Triomphe à Paris, une occasion de revenir sur ces saccages et pillages qui ont scandalisé la grande majorité de l’opinion, tant en France qu’à l’étranger.

Majestueux monument aux dimensions impressionnantes, il est le cadeau de Napoléon offert au français au lendemain de la bataille Austerlitz.
(Par un froid glacial, le 2 décembre 1805, les troupes ennemies attaquèrent les Français sur le plateau de Pratzen avant d’être repoussées comme prévu dans les étangs gelés de Satschan où elles se noyèrent. Austerlitz fut un désastre pour les Austro-Russes qui n’eurent plus qu’à traiter. Au lendemain de cette bataille l’Empereur déclare aux soldats français « Vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des arcs de triomphe ».
Aussitôt dit, il ordonne le début des travaux de l’Arc de Triomphe en 1806 qui s’achèvent trente ans plus tard.

La première pierre est posée le 26 février 1806 mais de nombreuses péripéties vont retarder le chantier. C’est finalement Louis XVIII qui reprend la construction en 1824 qui s’achève en 1836 sous Louis Philippe.
Ses dimensions sont imposantes d’une longueur de 45 mètres, d’une largeur de 22, il mesure 50 m de haut. Il est composé de deux grandes voutes sur sa longueur et de deux petites voutes sur sa largeur. Il pèse 50 000 tonnes, hors fondation.
Au pied de l’Arc de Triomphe se trouve depuis le 11 novembre 1921 la tombe du soldat inconnu de la Première Guerre mondiale sur laquelle est inscrit « Ici repose un soldat français mort pour la patrie ».

Le 8 novembre 1920, les députés, convoqués en session extraordinaire, adoptaient définitivement la loi relative « à la translation des restes d’un soldat français "non identifié" ».
Il s’agissait de placer, dans un lieu hautement symbolique et d’accès aisé, le corps d’un combattant sans nom qui représenterait ainsi tous les morts au combat non identifiés, chaque famille pouvant le reconnaitre comme sien. « Fût-il le plus humble des citoyens, ouvrier ou patron, paysan ou bourgeois, illettré ou savant, patricien ou plébéien, qu’importe pour tous il sera le plus grand  », s’exclama le rapporteur du projet, Georges Maurisson.
Huit corps de soldats ayant servi sous l’uniforme français mais qui n’avaient pu être identifiés ont été exhumés dans les huit régions où s’étaient déroulés les combats les plus meurtriers : en Flandres, en Artois, dans la Somme, en Île-de-France, au Chemin des Dames, en Champagne, à Verdun et en Lorraine.
Le 9 novembre 1920, les huit cercueils de chêne de soldats ayant servi sous l’uniforme français mais non identifiés ont été transférés à la citadelle de Verdun.
Le 10 novembre, André Maginot, ministre des Pensions, s’est avancé vers un des jeunes soldats du 132ème Régiment d’Infanterie qui assuraient la garde d’honneur, Auguste Thin, engagé volontaire de la classe 1919, fils d’un combattant disparu pendant la guerre, pupille de la Nation. Il lui tendit un bouquet d’œillets blancs et rouges, et lui exposa le principe de la désignation : le cercueil sur lequel ce jeune soldat allait déposer ce bouquet serait transféré à Paris et inhumé sous l’Arc de triomphe.
Transporté à Paris par train et veillé toute la nuit place Denfert-Rochereau, Le cercueil fit une entrée solennelle sous l’Arc de triomphe le 11 novembre 1920, mais ne fut mis en terre que le 28 janvier 1921
Il représente symboliquement tous les soldats morts pendant les différents conflits auxquels la France a pris part.
À la suite de l’idée de faire brûler une flamme en permanence, émise début 1921 par le sculpteur ariégeois Grégoire Calvet (1871-1928) , Jacques Péricard ( journaliste, écrivain 1876-1944) proposa de faire ranimer celle-ci chaque jour à 18 h 30 par des anciens combattants.

Le 11 novembre 1923, la Flamme est allumée par André Maginot, alors ministre de la Guerre. Depuis cette date, la Flamme ne s’est jamais éteinte et chaque soir, à 18h30 sous l’Arc de Triomphe, une cérémonie solennelle de ravivage y est organisée.
Elle brûle devant le tombeau du Soldat inconnu comme un perpétuel souvenir de ceux qui ont donné leur vie pour la France.
Ce cérémonial n’a jamais cessé depuis, même sous l’occupation.

Au mois de novembre 2018, la flambée des prix des carburants donne naissance à un important mouvement de contestation, des "Gilets jaunes". A partir de cette date chaque samedi de nombreuses manifestations sont organisées partout en France et plus particulièrement à Paris.
Le samedi 1er décembre 2018, alors qu’un important dispositif de forces de l’ordre, visait à empêcher les casseurs de sévir sur les Champs-Élysées, la place de l’Étoile et l’Arc de Triomphe étaient curieusement laissés libre d’accès !

Ce jour-là, l’Arc de triomphe et plus particulièrement la tombe du Soldat inconnu ce sont transformés en lieu d’affrontement entre des contestataires arborant des gilets jaunes et les forces de l’ordre.

Plus encore que les vitrines brisées, les images de l’Arc de Triomphe vandalisé par les casseurs ce samedi, ont marqué les esprits. Des graffitis ont été tagués sur les murs, les portes en bronze ont été enfoncées, à l’intérieur, dans le musée tout a été saccagé et pillé : salles d’exposition, boutique, œuvres d’art endommagées, installations informatiques cassées, locaux du personnel détruit, etc… Les saccages de l’Arc de Triomphe se chiffrent à plusieurs centaines de milliers d’euros.

Il faut citer dans ce déchainement de violence l’action de certains Gilets Jaunes qui ont protégé la Flamme en chantant La Marseillaise, pour empêcher sa profanation.

Le médecin-général François-Marie Grimaldi résume bien le sentiment de tous :
« Jamais l’Arc de Triomphe, haut lieu de la Mémoire de la Nation où repose pour l’éternité le Soldat inconnu, témoignage et incarnation pour le monde des sacrifices consentis par les fils de France pour défendre la Patrie, n’avait subi une telle humiliation ! Cette profanation est une honte qui révolte chaque citoyen épris des valeurs de la République. Cette agression préméditée illustre une volonté de s’en prendre à l’Histoire d’un grand pays par la dévaluation de ses symboles dans un périmètre monumental, inviolable et sacré, où la dignité, l’honneur et le respect ont toujours accompagné l’hommage légitime rendu, au quotidien, à tous ceux qui ont donné leur vie pour cette France qu’ils aimaient plus que tout.
Comme beaucoup, et même comme tous je pense, la violation de la sépulture du Soldat Inconnu, ce fils de France, m’a profondément choqué et troublé… »

Cette profanation doit être condamnée fermement. Elle est d’autant plus abjecte qu’elle s’attaque à des citoyens combattant dans les tranchées et prêts à mourir pour leur pays, pour que les générations futures vivent libres.
Ceux-ci étaient majoritairement issus du monde paysan et ouvrier du début du siècle passé. Ils étaient la jeunesse de la France. Mazères a payé un lourd tribu avec 126 jeunes mazériens inscrit sur le monument aux Morts de la commune pour la Grande guerre.
Ils ont permis de construire et vivre dans un pays démocratique. C’est en grande partie grâce à eux que l’on peut, aujourd’hui, manifester.

12 ou 13 individus, en lien avec les dégradations de l’Arc de Triomphe ont été placés en garde à vue le jour même. A quand leur condamnation ?

(Source : Encyclopédie Larousse / Photos Internet)

 

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