Accueil > Environnement > Pour la survie des oiseaux, "L’Aouselou" !
Pour la survie des oiseaux, "L’Aouselou" !
Le "Domaine des Oiseaux" étant depuis longtemps, à juste titre, reconnu comme un havre de paix pour les oiseaux, migrateurs ou sédentaires, de nombreux particuliers, voire des associations avaient pris l’habitude d’amener des volatiles blessés sur le "site d’Augé"
Nul ne pouvant s’arroger le droit de recueillir des animaux sauvages sans autorisation officielle, les oiseaux blessés étaient plus ou moins abandonnés à leur sort.
Les responsables du "Domaine des Oiseaux" sous la conduite de Louis Marette, répondant à une demande sans cesse croissante, ont, après avoir constitué un dossier bien argumenté, demandé et obtenu l’autorisation des services de la Préfecture de l’Ariège d’ouvrir un centre de soins pour oiseaux en détresse toutes espèces : en effet aucun centre de sauvegarde n’existait en Ariège ni dans les départements limitrophes, d’autre part cette démarche intéressée vivement la Fédération des Chasseurs de l’Ariège et l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse, à cela s’ajoutait l’accord du Docteur Vétérinaire Hervé GUILLON pour être le référent es-qualité du centre.
Ouvert officiellement depuis le 15 février 2012, le centre de soins baptisé "l’Aouselou" (l’oisillon) est installé dans des locaux particuliers situés dans l’aile Est du bâtiment principal d’Augé.
Un réseau de collecte est organisé autour des vétérinaires praticiens locaux, des gardes forestiers, de la Fédération des chasseurs de l’Ariège et des Départements voisins et des associations naturalistes locales désireuses de s’y associer.
Une animalerie, une nurserie avec couveuse, une infirmerie sont à la disposition des blessés et des malades, auxquelles il convient d’ajouter une cuisine et une grande salle de travail et de réunion.
Après avoir été soignés et requinqués les oiseaux convalescents disposent de deux grandes volières de relâcher, quatre volières de rééducation, quatre boxs d’isolement et deux taquets dans les bois pour réapprendre à s’approprier l’espace avant de s’envoler définitivement vers leur liberté.
Avant même son ouverture officielle, "L’Aouselou" a déjà hébergé, soigné, puis relâché plus d’une cinquantaine d’oiseaux, parmi lesquels de nombreux rapaces, Chevêches d’Athéna, Chouettes hulotte, Circaètes Jean le Blanc, Grands ducs d’Europe, Vautour fauve, etc.
Un des oiseaux apporté au centre de soins à l’automne dernier mérite quelques lignes particulières…
Un biologiste autrichien responsable du projet Waldrapp dont l’objectif est d’apprendre à de jeunes oiseaux à retrouver les chemins de migrations de leurs ainés, en leur faisant suivre un ULM, lancait un cri d’alarme en septembre 2011, "Burgi s’est perdu, sur la route de son hivernage, entre les Alpes autrichiennes et le sud de la Toscane. Aidez-nous à le retrouver ! "
Burgi est un jeune ibis chauve (Geronticus eremita), espèce classée en danger critique d’extinction. Sa population est estimée à 220 individus sauvages. (Il existe des programmes de réintroduction au Maroc, Espagne, Syrie, Autriche, Italie…)
A la fin de ce même mois de septembre un particulier apportait à "l’Aousélou" un oiseau choqué à la suite d’une collision avec une ligne électrique. Rapidement, grâce à la bague d’identification, le vétérinaire Hervé Guillon avec l’aide d’Hélène Legendre et Thomas Razat, agents d’animation du Domaine, identifiiaient Burgi. Le biologiste Autrichien en charge du programme de réintroduction etait informé de la découverte de son protégé, les formalités administratives accomplis (la capture d’une espèce protégée est interdite sur le territoire français) l’oiseau etait admis au centre.
Très fragilisé par son accident, l’ibis chauve passera quelques jours au Domaine pour les premiers soins, puis sera dirigé vers l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse. Malheureusement le choc électrique ayant gravement endommagé une patte de l’échassier il devait, au minimum être amputé, sans aucune certitude quant à sa survie. Après plusieurs échanges entre les responsables de l’Ecole vétérinaire de Toulouse et le biologiste autrichien la décision sera prise de l’euthanasier.
Nul doute que son esprit a déjà rejoint celui de ses ancêtres !
Au-delà du caractère exceptionnel voire atypique du site, il convient, en conclusion, d’insister sur l’aspect structurant de cette réalisation. Compte tenu du positionnement de la commune de Mazères au point de rencontre de trois départements et de deux régions, et, en raison de l’originalité du "Domaine des Oiseaux", vitrine départementale, voire régionale de la biodiversité, ce site est une zone d’activité très importante au service des oiseaux en détresse.











