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Fenêtre sur… l’Azerbaïdjan

Amandine et William, "Histoires Recyclables", soutenus par la Mairie de Mazères, sont sur la route depuis le 1er juin 2010.


Ils ont souhaité à travers une rubrique qu’ils intitulent "Fenetre sur…. " faire découvrir aux visiteurs de ce site les pays qu’ils traversent.
Aujourd’hui l’Azerbaïdjan.

Une semaine bien rapide dans la capitale Azérie, Bakou, qui nous offre néanmoins un aperçu fort de ce que son nom signifierait suivant une origine persane : "la ville où souffle le vent" (1).
Les bourrasques violentes chahutent les piétons, font voler les foulards et arrachent aux containers un amoncellement d’ordures qui se répandent dans les rues.

© HR AW Le deuxième plus grand drapeau du monde flotte au dessus des constructions de l'Eurovision.. © HR AW Ville en perpétuelle (re) construction...ici près du port.

Qui dit "Azerbaïdjan" dit "pétrole". Depuis le XIXème siècle, l’or noir a fait la fortune de quelques oligarques et fait de cette Nation un ami très convoité. Les russes y trouvaient 90% de leurs ressources pétrolières avant la chute de l’Empire Soviétique. Le pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan offre dès 2005 à l’Europe une alternative aux approvisionnements ou par les russes au nord, ou par les iraniens au sud.
Une telle providence est également à l’origine du débat politique sur la classification de la Caspienne : lac ou mer ? (2)
Sur place, cela signifie aussi que les habitants de la capitale et des cotes voisines ne se baignent plus, tant la Mer est polluée. En se promenant le long du boulevard flambant neuf du centre-ville, les ’mauvais jours’ soufflent des odeurs déplaisantes des flots tourbeux. Et des flaques d’huile renvoient par endroit leurs reflets irisés aux passants.
L’afflux de devises se transforme vite en accroissement du nombre de voitures par habitant et en irruptions immobilières toujours plus hautes, toujours plus modernes. Les piétons suffoquent quand les automobilistes s’agacent dans les embouteillages.
Les vieux bâtiments aux façades nettoyées semblent soudain bien petits sous la vigilance des tours nouvelles-nées. Et la vieille ville retranchée derrière ses remparts – classée Patrimoine Mondial de l’Humanité depuis 2010 – devient un musée à ciel ouvert, où les magasins de souvenirs et les hôtels de luxe colonisent les abords de la tour Meidan.

© HR AW La vieille ville sous la silhouette de la nouvelle génération immobilière © HR AW Khinalik, village de pierre sous le ciel bleu des altitudes

L’Azerbaïdjan, ce sont aussi des villages où se succèdent encore des générations de médecins traditionnels, où s’étendent dans toutes les directions des vergers de pommiers.
Et en montant un peu plus au nord, s’aventurant dans les hauteurs du Caucase, on trouve des villages isolés, tout de pierres et d’enfants aux yeux clairs, affirmant entre ciel et monts leur longue histoire de peuple éleveur. Mais pour combien de temps encore ?
A l’image de son voisin et ennemi historique l’Arménie (3), l’Azerbaïdjan subit une migration massive vers sa capitale et ses rêves d’embauche : Bakou compte aujourd’hui 4,5 millions d’habitants soit la moitié de la population. Dans un schéma classique d’emballement, la manne pétrolière a enfanté à la fois du "miracle économique" et de désastres écologiques et sociaux auxquels s’attèlent avec leurs moyens quelques associations locales.
Mais la constitution d’une société civile n’en est encore qu’à ses débuts dans ce pays aux libertés encore fortement contrôlées.
Et pour l’heure, la priorité du gouvernement est claire : faire de l’Eurovision du mois de mai prochain sa vitrine pour l’Occident.

(1) C’est une hypothèse de l’étymologie du nom de la ville : ’Bardkube’, ’bard’ signifiant vent et ’kube’ souffler.
(2) Le statut juridique de la Caspienne est un sujet de discorde entre les pays riverains. En effet, en droit international, l’utilisation des ressources d’un lac ne peut se décider qu’à l’unanimité des pays riverains, et les richesses off-shore sont réparties en parts égales. S’il s’agit d’une mer, par contre, les possessions de chaque pays ne dépassent pas 12 miles soit un peu plus de 22km. (cf. la documentation française, Le partage de la Mer Caspienne, un enjeu juridique, 2005)
(3) La guerre de Nagorno-Karabakh a opposé les deux pays de février 1988 à mai 1994. Cette région est aujourd’hui exclusivement peuplée d’Arméniens mais chaque république continue d’en revendiquer la possession historique. Une ligne de front demeure sous tensions et les écoliers de part et d’autre de la frontière apprennent tôt le maniement des armes et la défiance du voisin.

Plus d’infos http://www.ville-mazeres.fr/Histoir… et www.histoiresrecyclables.net

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